Présenté au GDC 2026 comme l’une des futures vitrines technologiques de MOZA, le HMA150 quitte désormais le stade de la démonstration. Le constructeur lance officiellement son premier système de mouvement pour cockpit complet, accompagné de MOZA Motion Manager et d’une technologie AI Motion capable de fonctionner même lorsque le jeu ne fournit aucune télémétrie. Le tout est proposé à partir de 3 199 € pour un ensemble de quatre actionneurs.
En mars dernier, MOZA avait profité du GDC 2026 pour montrer une drôle de vision du futur du sim racing. D’un côté, un coach utilisant l’intelligence artificielle pour apprendre physiquement au joueur comment tourner, accélérer et freiner. De l’autre, une plateforme dynamique capable d’analyser ce qui se passe à l’écran afin de faire bouger un cockpit, y compris dans des jeux dépourvus de télémétrie.
Sur le papier, l’ensemble était séduisant. Mais il restait une question assez importante : quand pourrait-on réellement l’acheter ?
La réponse est désormais connue. Le MOZA HMA150 Haptic Motion System est disponible à la commande à partir du 28 juillet 2026, au tarif de 3 199 € pour le kit comprenant quatre actionneurs. MOZA ne se contente d’ailleurs pas de commercialiser quelques vérins : le constructeur lance tout un écosystème logiciel destiné à piloter, régler et étendre la compatibilité de son système.
Quatre actionneurs pour faire bouger l’ensemble du cockpit
Le HMA150 ne cherche pas seulement à ajouter quelques vibrations sous le siège. Les quatre actionneurs sont installés sous le cockpit afin de déplacer l’ensemble de la structure, avec le siège, le volant, les pédales et les écrans éventuellement fixés dessus.
Le système fonctionne sur trois degrés de liberté. Il peut reproduire le tangage, le roulis et les mouvements verticaux du cockpit. Concrètement, le joueur peut ressentir la plongée de la voiture lors d’un gros freinage, le transfert de masse dans un virage, les mouvements de suspension, un changement d’élévation, le passage sur un vibreur ou encore l’impact d’une collision.
MOZA annonce des caractéristiques plutôt sérieuses :
| Caractéristique | MOZA HMA150 |
|---|---|
| Nombre d’actionneurs | 4 |
| Débattement maximal | 150 mm |
| Vitesse maximale | 300 mm/s |
| Accélération | Plus de 1 G sous certaines charges |
| Charge maximale de la plateforme | 350 kg |
| Vibrations haute fréquence | Jusqu’à 200 Hz |
| Prix du kit complet | 3 199 € |
Le débattement de 150 mm permet de produire de véritables mouvements de plateforme, tandis que les vibrations allant jusqu’à 200 Hz doivent restituer des détails plus subtils, comme la texture de la route, le fonctionnement du moteur ou les petites irrégularités du terrain.
Il faut d’ailleurs relever une évolution depuis la présentation du GDC. MOZA annonçait alors des vibrations à 150 Hz. Le produit commercial est désormais donné pour 200 Hz. Le communiqué précise également que la charge maximale de la plateforme atteint 350 kg, même si l’accélération supérieure à 1 G dépendra évidemment du poids réellement installé sur les actionneurs.
Une installation plus propre que les systèmes industriels traditionnels
MOZA a développé ses propres servomoteurs, ses algorithmes de contrôle, la structure des actionneurs et le logiciel qui les accompagne. L’objectif est de proposer un ensemble réellement intégré, plutôt que d’assembler des composants industriels autour d’une grosse armoire de commande posée à côté du cockpit.
Le contrôleur est directement intégré au système, ce qui réduit l’espace nécessaire à l’installation. Un bouton d’arrêt d’urgence est fourni et une protection de descente contrôlée doit éviter que la plateforme ne s’effondre brutalement en cas de coupure ou de problème technique.
Cela ne transformera pas pour autant le HMA150 en accessoire facile à installer sous un bureau IKEA. Il faudra toujours disposer d’un véritable châssis, d’un sol suffisamment solide et d’une pièce capable d’accueillir les mouvements de la plateforme. Mais MOZA semble avoir fait un effort pour rendre la technologie moins intimidante que les solutions industrielles habituellement détournées pour le sim racing.
MOZA Motion Manager pour calmer ou déchaîner le cockpit
La plateforme est pilotée par un nouveau logiciel baptisé MOZA Motion Manager. Celui-ci permet de charger des profils officiels, de régler l’amplitude des mouvements, l’intensité générale du système ou encore chaque axe séparément.
Le joueur peut donc réduire le roulis sans toucher au tangage, limiter les mouvements verticaux ou, au contraire, renforcer les vibrations produites par les vibreurs et la surface de la piste.
Ce niveau de réglage sera indispensable. Une plateforme capable de parcourir 150 mm à 300 mm/s peut rapidement devenir fatigante, voire franchement désagréable, si chaque mouvement est reproduit avec une intensité excessive. Un bon système motion ne doit pas forcément secouer son utilisateur comme une bouteille d’Orangina. Il doit surtout transmettre les bonnes informations au bon moment.
AI Motion : le cockpit peut fonctionner sans télémétrie
La partie la plus originale du projet reste sans doute MOZA AI Motion.
Les plateformes dynamiques traditionnelles s’appuient généralement sur la télémétrie envoyée par le jeu. Le logiciel récupère les accélérations, les mouvements du véhicule, l’état des suspensions ou les impacts, puis convertit ces données en mouvements physiques.
La méthode fonctionne très bien… tant que le jeu accepte de communiquer ces informations.
Lorsque la télémétrie est disponible, Motion Manager l’utilise donc normalement afin de produire des effets directement liés à la physique du véhicule. Mais lorsqu’elle ne l’est pas, AI Motion prend le relais en analysant en temps réel l’image et le son du jeu.
Le logiciel tente alors d’identifier les actions visibles à l’écran et de déclencher le mouvement ou la vibration correspondante. Une collision, une accélération, un saut ou un changement de surface peuvent ainsi générer des réactions physiques sans que le développeur du jeu ait officiellement intégré le HMA150.
MOZA insiste toutefois sur un point : l’intelligence artificielle ne remplace pas la télémétrie native. Elle la complète. Lorsque les données physiques du jeu sont accessibles, elles restent plus précises et plus fiables qu’une interprétation de l’image.
L’intérêt d’AI Motion se situe ailleurs. Cette technologie peut étendre l’utilisation du cockpit à des jeux de conduite, de machines ou même d’action qui n’ont jamais été pensés pour une plateforme dynamique. C’est probablement là que MOZA possède sa meilleure carte à jouer.
Reste maintenant à voir ce que cette analyse donnera dans des conditions réelles. Reconnaître une collision est une chose. Comprendre précisément l’intensité d’un freinage ou la direction d’un transfert de masse uniquement à partir de l’image en est une autre.
Le coach IA de MOZA est déjà disponible
L’autre technologie dévoilée au GDC a également parcouru du chemin. Initialement présenté sous le nom de Racing Lab AI Coach, le système est désormais intégré à MOZA Pit House sous l’appellation plus directe de MOZA AI Coach.
Contrairement à un outil d’analyse classique, il ne se contente pas d’afficher une trajectoire idéale ou de comparer deux courbes de freinage. Lorsqu’il est utilisé avec du matériel compatible, le coach peut agir sur le volant et les pédales afin de faire ressentir directement les gestes réalisés par l’intelligence artificielle.
Le joueur pose légèrement ses mains sur le volant et ses pieds sur les pédales. L’IA lui montre alors physiquement quand tourner, quelle pression appliquer sur le frein ou à quel moment remettre les gaz. L’idée est de développer une forme de mémoire musculaire, plutôt que d’obliger le pilote à reproduire ce qu’il vient simplement de voir dans une vidéo.
Plusieurs étapes d’apprentissage sont proposées : démonstration complète, entraînement au pédalier, travail du volant, puis conduite indépendante. Trois niveaux sont disponibles, ainsi que différents types de guidage plus ou moins intrusifs. Après la session, les données de trajectoire, de direction, de freinage, d’accélération et de temps au tour peuvent être comparées à celles de l’IA.
Surtout, contrairement au HMA150, AI Coach n’attend pas son lancement : le logiciel est déjà accessible aux utilisateurs via MOZA Pit House.
MOZA renouvelle aussi ses volants Direct Drive
Le lancement du HMA150 s’accompagne de plusieurs nouveautés plus traditionnelles dans la gamme sim racing.
La nouvelle base MOZA R16 Ultra développe 16 Nm de couple. Elle utilise un moteur à bobinage plat, un encodeur magnétique 21 bits et un processeur de 600 MHz chargé d’exécuter l’algorithme NexGen FFB 4.0. Un système d’interpolation doit également réduire les sensations de crans ou les transitions trop brutales entre les différents effets du retour de force. Son prix européen est fixé à 549 €.


Le constructeur lance parallèlement un nouveau bundle R5 Pro. Sa base Direct Drive développe désormais 6 Nm, contre 5 Nm sur le précédent R5. Le pack comprend la base, le volant ES Lite, le pédalier SRP Lite2 et une fixation de bureau. Il sera vendu 419 €, ou 529 € dans sa déclinaison dédiée à la conduite de poids lourds.
Le retour de force progresse aussi du côté de Flight Simulator
MOZA profite également de cette annonce pour compléter sa gamme aéronautique avec le AY90 Force Feedback Yoke Base.
Plus compact que l’AY210, il délivre 4,2 Nm sur l’axe de roulis, une force de poussée et de traction de 90 N et une course de 95 mm. Le retour de force peut restituer la charge aérodynamique, le trim, le décrochage, les turbulences ou encore l’impact lors de l’atterrissage. La base est compatible avec Microsoft Flight Simulator, X-Plane et DCS. Son tarif est fixé à 419 €.


Elle pourra être associée au nouveau MFY Pro Yoke Handle, une poignée équipée d’un écran tactile de 4,3 pouces. Celui-ci peut afficher des informations de vol et des pages personnalisées directement au centre du yoke. On trouve également 26 commandes programmables, des mini-sticks à effet Hall et le système de fixation rapide de MOZA. Prix annoncé : 309 €.
À 3 199 €, le mouvement reste un luxe
Même en essayant très fort de prononcer le prix doucement, 3 199 € reste une somme considérable. Et ce tarif ne comprend évidemment ni le cockpit, ni le siège, ni le volant, ni les pédales, ni le PC chargé de faire tourner tout cela.
Le HMA150 ne vise donc pas le joueur qui cherche un petit accessoire supplémentaire pour son bureau. Il s’adresse aux passionnés ayant déjà investi dans un cockpit haut de gamme, aux créateurs de contenu, aux salles de simulation et probablement à certaines structures professionnelles.
MOZA a néanmoins un avantage : la marque dispose déjà d’un écosystème complet et d’une présence importante sur le marché des périphériques Direct Drive. Elle peut donc proposer un système motion qui s’intègre directement à ses logiciels et à son matériel, sans demander à l’utilisateur de jongler entre une multitude de programmes développés par des entreprises différentes.
Le véritable test commence maintenant
Lors de sa présentation au GDC, le HMA150 ressemblait encore à une impressionnante démonstration technologique. Quatre mois plus tard, il devient un vrai produit, avec un prix, une date de disponibilité et un logiciel destiné au grand public. MOZA confirme ainsi son ambition de ne plus être seulement un fabricant de volants, mais de contrôler l’ensemble de l’expérience de simulation : les commandes, le retour de force, l’apprentissage et désormais les mouvements du cockpit.
Les caractéristiques techniques sont solides. Le tarif piquera sérieusement le portefeuille, mais il n’est finalement pas la plus grande inconnue.
La vraie question concerne AI Motion. Si le système parvient réellement à produire des mouvements convaincants dans des jeux ne fournissant aucune télémétrie, MOZA pourrait considérablement élargir l’intérêt d’un cockpit dynamique. Dans le cas contraire, le HMA150 restera une excellente plateforme motion réservée aux simulations officiellement prises en charge.
Et à 3 199 €, les futurs acheteurs voudront certainement autre chose qu’un shaker de luxe.






