À première vue, le débat semble réglé. Une PlayStation 5 coûte 649,99 €, tandis qu’un PC gaming haut de gamme peut facilement dépasser les 2 000 €. Pour celui qui souhaite simplement brancher une machine sous son téléviseur et lancer quelques jeux dans l’année, la console paraît imbattable.
Mais ce prix d’achat ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Une PlayStation ou une Xbox moderne repose désormais sur une architecture extrêmement proche de celle d’un ordinateur. La PS5 embarque ainsi un processeur AMD Zen 2 x86-64 à huit cœurs et seize threads, associé à une puce graphique AMD RDNA 2 et à 16 Go de mémoire GDDR6 partagée. Il s’agit, en simplifiant, d’un ordinateur spécialisé, optimisé pour le jeu et enfermé dans un environnement entièrement contrôlé par son constructeur.
Le joueur paie moins cher au départ, mais doit ensuite composer avec une boutique unique, un abonnement pour une partie du multijoueur, des accessoires propriétaires et une machine impossible à faire évoluer.
Le PC réclame un investissement initial beaucoup plus important. En contrepartie, il ouvre la porte aux promotions permanentes, aux revendeurs de clés officiels, aux bundles, aux jeux gratuits, aux mods et à plusieurs générations de titres sans véritable rupture matérielle.
Reste une question : combien faut-il réellement dépenser en jeux pour qu’un gros PC gaming devienne plus rentable qu’une console ?
Notre PC de référence : une machine qui surclasse (très) largement la PS5
Avant de détailler chaque composant, voici la machine que nous avons imaginée. Elle repose sur un processeur AMD Ryzen 7 9700X, une GeForce RTX 5070 Ti équipée de 16 Go de mémoire GDDR7, 32 Go de DDR5, un SSD NVMe de 2 To et une alimentation de 850 W. En tenant compte d’un refroidissement sérieux, d’un boîtier correctement ventilé et d’une licence officielle de Windows 11, son prix réaliste atteint environ 2 600 € en juillet 2026.
Ce tarif est particulièrement élevé en raison de la forte hausse actuelle du prix de la mémoire et des SSD. Un kit de 32 Go de DDR5-6000 se négocie désormais fréquemment entre 430 et 550 €, tandis qu’un SSD NVMe de 2 To peut approcher les 250 €. La RTX 5070 Ti reste quant à elle disponible entre environ 900 et 1 100 € selon les modèles et les revendeurs.
Le processeur : AMD Ryzen 7 9700X (environ 250 €)
Le Ryzen 7 9700X repose sur l’architecture Zen 5. Il dispose de huit cœurs, de seize threads, d’une fréquence maximale de 5,5 GHz et de 32 Mo de cache L3. Son enveloppe thermique de 65 W permet de conserver une machine relativement facile à refroidir, sans devoir investir dans un coûteux système de watercooling.
Son prix varie autour de 230 à 300 € selon la version et le vendeur. Nous retiendrons 250 € pour le calcul.
Ce processeur est évidemment surdimensionné pour simplement égaler une PS5. Il apporte cependant une réserve importante pour les jeux de simulation, les titres très dépendants du processeur, le streaming, le montage vidéo et le multitâche.
La carte graphique : GeForce RTX 5070 Ti (environ 1 000 €)
La RTX 5070 Ti constitue le cœur de la machine. Elle embarque 8 960 cœurs CUDA, 16 Go de mémoire GDDR7 sur une interface de 256 bits et les technologies DLSS 4, ray tracing et génération d’images de Nvidia. Sa consommation théorique atteint 300 W.
Son prix le plus bas tourne autour de 900 €, mais les modèles vendus par les grandes enseignes françaises dépassent régulièrement les 1 000 €. Nous utiliserons donc un prix moyen de 1 000 €.
Cette carte vise le jeu en 1440p avec un taux de rafraîchissement élevé et permet également de jouer confortablement en 4K. Selon les jeux et les réglages, elle peut dépasser les 60 images par seconde en 4K, tandis que le DLSS améliore encore ses performances dans les titres compatibles.
La carte mère : MSI B850 Gaming Plus WiFi (environ 180 €)
Une carte mère B850 évite de dépenser inutilement dans un modèle X870 très haut de gamme. La MSI B850 Gaming Plus WiFi offre un socket AM5, quatre emplacements DDR5, plusieurs connecteurs M.2, du Wi-Fi et une connectique suffisamment complète pour conserver la machine pendant plusieurs années.
Elle est proposée entre environ 170 et 225 €. Nous retiendrons 180 €.
Le socket AM5 offre également une possibilité d’évolution que ne possède aucune console : remplacer ultérieurement le processeur sans nécessairement reconstruire toute la machine.
La mémoire : 32 Go de DDR5-6000 (environ 450 €)
Avec 32 Go de DDR5, le PC dispose du double de la capacité totale de la PS5, sans compter les 16 Go de mémoire GDDR7 directement intégrés à la carte graphique.
Nous retenons un kit de deux barrettes de 16 Go en DDR5-6000, idéalement compatible AMD EXPO. À cause de la crise actuelle de la mémoire, ce type de kit se vend autour de 430 à 550 € en juillet 2026. Notre estimation sera donc de 450 €.
Cette situation tarifaire est anormale : en dehors de cette flambée, une telle configuration pourrait coûter plusieurs centaines d’euros de moins.
Le stockage : SSD NVMe de 2 To (environ 250 €)
Nous avons choisi un Lexar NM790 de 2 To, capable d’atteindre jusqu’à 7 400 Mo/s en lecture et 6 500 Mo/s en écriture. Ses performances sont parfaitement adaptées au jeu et sa capacité permet d’installer un nombre raisonnable de gros titres sans devoir immédiatement ajouter un second disque.
Son prix actuel avoisine 250 €.
La PS5 standard dispose pour sa part d’un SSD interne de 1 To. Le stockage peut être étendu, mais l’achat d’un SSD compatible vient alors s’ajouter au coût de la console.
L’alimentation : 850 W 80 Plus Gold (environ 210 €)
Une alimentation de 850 W permet d’alimenter confortablement la RTX 5070 Ti tout en conservant une marge pour les pointes de consommation et une future évolution.
Nous avons retenu une be quiet! Pure Power 12 M de 850 W, modulaire et certifiée 80 Plus Gold, actuellement proposée autour de 210 €.
Windows 11 Famille (145 €)
Pour conserver une comparaison complète, nous ajoutons une licence officielle de Windows 11 Famille, vendue 145 € par Microsoft.
Cette dépense peut être évitée avec Steam OS ou avec le transfert d’une licence déjà possédée, mais elle doit être intégrée dans le cas d’un premier PC entièrement neuf.
Le prix complet de notre PC gaming
| Composant | Modèle retenu | Prix estimé |
|---|---|---|
| Processeur | AMD Ryzen 7 9700X | 250 € |
| Refroidissement | Thermalright Phantom Spirit 120 SE | 40 € |
| Carte mère | MSI B850 Gaming Plus WiFi | 180 € |
| Mémoire | 32 Go DDR5-6000 | 450 € |
| Carte graphique | GeForce RTX 5070 Ti 16 Go | 1 000 € |
| Stockage | SSD NVMe 2 To | 250 € |
| Alimentation | 850 W 80 Plus Gold | 210 € |
| Boîtier | Fractal Design Pop Air | 80 € |
| Système | Windows 11 Famille | 145 € |
| Total | 2 605 € |
En recherchant systématiquement les meilleurs prix et en acceptant des modèles moins prestigieux, il serait possible de descendre autour de 2 3000 €. Nous conserverons néanmoins un total de 2 605 €, plus représentatif d’une machine assemblée avec des composants disponibles auprès de vendeurs identifiés.

Nous ne comptons ni écran, ni téléviseur, ni clavier, ni souris, ni manette. Ces accessoires dépendent trop de l’équipement déjà possédé par chaque joueur. La PS5 inclut néanmoins une manette DualSense, ce qui lui donne un petit avantage pour un premier achat complet.
Est-ce vraiment beaucoup plus puissant qu’une PS5 ?
Il ne faut pas comparer directement les téraflops de deux architectures différentes. Le nombre de téraflops ne suffit pas à déterminer les performances réelles d’une machine.
La différence matérielle reste néanmoins considérable.
La PS5 utilise un processeur Zen 2 à huit cœurs fonctionnant jusqu’à 3,5 GHz, une puce graphique RDNA 2 de 10,3 téraflops et 16 Go de mémoire GDDR6 partagés entre le processeur et la partie graphique.
Notre PC associe un processeur Zen 5 beaucoup plus récent, 32 Go de mémoire système et une carte graphique disposant de ses propres 16 Go de GDDR7.
En pratique, le PC permettra notamment :
- de jouer en 1440p à très haut taux de rafraîchissement ;
- de viser la 4K avec des réglages graphiques supérieurs ;
- d’utiliser un ray tracing plus poussé ;
- d’activer le DLSS et la génération d’images ;
- de jouer sur plusieurs écrans ou en format ultralarge ;
- d’installer des mods ; (on vous voit les joueurs de Farming Simulator Console !)
- de streamer ou d’enregistrer sans matériel supplémentaire ;
- de travailler (si si)
La PS5 garde un avantage majeur : chaque jeu est développé pour une configuration unique. Cette standardisation permet aux studios d’obtenir des résultats parfois impressionnants avec un matériel beaucoup moins puissant.
Mais en puissance brute, en flexibilité et en possibilités graphiques, cette configuration RTX 5070 Ti joue clairement dans une autre catégorie.
PS5 contre PC : 1 955 € d’écart au moment de l’achat
Depuis le 2 avril 2026, le prix conseillé de la PS5 standard avec lecteur est de 649,99 € en Europe. La PS5 numérique coûte 599,99 € et la PS5 Pro atteint désormais 899,99 €.
La différence entre notre PC et une PS5 standard atteint donc 2 605 € – 649,99 € = 1 955,01 €
À ce stade, la console est évidemment beaucoup moins chère. Mais le calcul ne s’arrête pas au matériel.
Le multijoueur payant réduit une partie de l’écart
Le PlayStation Plus Essential coûte 71,99 € par an. Il comprend notamment le multijoueur en ligne, les sauvegardes dans le cloud, des réductions et une sélection mensuelle de jeux.
Sur une durée de sept ans, correspondant approximativement à une génération de consoles, cela représente 71,99 € × 7 = 503,93 €
Sur PC, le multijoueur ne nécessite pas d’abonnement général à Steam, Epic Games Store ou Windows.
Pour un joueur qui reste abonné pendant sept ans, l’écart réel entre la PS5 et notre PC tombe donc à 2 605 € – 649,99 € – 503,93 € = 1 451,08 €
Il faut toutefois nuancer ce calcul. Tous les joueurs PlayStation ne jouent pas en ligne, et certains jeux gratuits peuvent être joués sans abonnement. Le PlayStation Plus fournit également des jeux et d’autres services qui ont une valeur réelle pour leurs utilisateurs.
Combien de jeux faut-il acheter pour rentabiliser le PC ?
Il est impossible d’affirmer qu’un jeu PC coûte systématiquement 20 € de moins que sa version console.
Certains titres sont lancés au même prix sur toutes les plateformes. Les consoles permettent également d’acheter des jeux physiques d’occasion et de les revendre (enfin jusqu’à il y a peu sur PlayStation) ce qui peut rendre leur coût réel plus faible.
À l’inverse, le PC profite de plusieurs boutiques concurrentes, de nombreux revendeurs agréés, de bundles et de promotions particulièrement agressives sur les jeux nouveaux comme anciens.
Nous allons donc utiliser plusieurs hypothèses d’économie moyenne par jeu.
| Économie moyenne par jeu PC | Nombre de jeux nécessaires |
|---|---|
| 10 € | 146 jeux |
| 15 € | 97 jeux |
| 20 € | 73 jeux |
| 25 € | 59 jeux |
Avec une économie moyenne de 20 € par jeu, il faudrait donc acheter environ 73 jeux pour compenser le surcoût du PC après avoir intégré sept années de PlayStation Plus.
Sur sept ans, cela représente un peu plus de dix jeux par an.
Avec une économie moyenne de seulement 15 €, il faudrait près de 97 jeux, soit environ quatorze achats par an.
Le PC à 2 600 € peut donc finir par être rentabilisé par un gros consommateur de jeux numériques. Mais contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cela ne se produit pas après dix ou vingt achats.
Et face à une PS5 Pro ?
La PS5 Pro est actuellement vendue 899,99 €. L’écart matériel initial tombe alors à 1 705 €.
Après sept années de PlayStation Plus Essential, il reste environ 1 201 € à compenser.
| Économie moyenne par jeu PC | Nombre de jeux nécessaires face à la PS5 Pro |
|---|---|
| 10 € | 121 jeux |
| 15 € | 81 jeux |
| 20 € | 61 jeux |
| 25 € | 49 jeux |
La comparaison devient donc nettement plus favorable au PC, d’autant plus que la PS5 Pro reste techniquement très éloignée d’une configuration équipée d’une RTX 5070 Ti.
La valeur d’un PC ne se résume pas au prix des jeux
Le calcul précédent traite le PC comme s’il s’agissait uniquement d’une console plus chère. Ce n’est évidemment pas le cas.
Un ordinateur à 2 600 € peut aussi servir à :
- travailler ;
- naviguer sur Internet ;
- monter des vidéos ;
- streamer ;
- travailler ;
- développer des jeux ;
- utiliser des logiciels professionnels ;
- faire tourner des IA en local ;
- héberger des serveurs ;
- travailler (je l’avais déjà dit ?)
Pour un créateur de contenu, un moddeur ou un professionnel, la question de la rentabilité change complètement. Le PC n’a plus besoin d’être amorti uniquement par la différence de prix entre les jeux : il devient également un outil de production.
Une console restera presque toujours moins chère pour jouer à cinq titres par an. Elle le sera beaucoup moins pour quelqu’un qui achète quinze jeux, utilise des mods, produit des vidéos, diffuse ses parties et renouvelle régulièrement son catalogue.
Pourquoi la console conserve-t-elle autant de défenseurs ?
Même lorsqu’elle est techniquement très proche d’un PC, une console propose une expérience différente.
Elle est plus petite, plus silencieuse, moins énergivore et immédiatement fonctionnelle. Il n’est pas nécessaire de choisir une carte mère, de vérifier la puissance d’une alimentation, d’installer Windows ou de mettre à jour un pilote graphique.
Les jeux sont conçus pour une seule configuration. Le joueur n’a pas à se demander quels réglages utiliser ni si son processeur limitera sa carte graphique.
La console permet également encore d’acheter des jeux physiques (enfin… vaste sujet du moment…), de les prêter et de les revendre. Pour un joueur qui achète un titre d’occasion, le termine puis le revend presque au même prix, le PC ne peut pas rivaliser économiquement.
Le succès des consoles ne repose donc pas uniquement sur leur puissance. Il repose avant tout sur leur simplicité et sur un prix d’entrée beaucoup plus accessible.
PC ou console : qui gagne réellement sur sept ans ?
La console gagne pour :
- le faible investissement de départ ;
- la simplicité ;
- la consommation électrique ;
- le jeu occasionnel dans le salon ;
- (les jeux physiques et l’occasion.)
Le PC gagne pour :
- la puissance ;
- les promotions et la concurrence entre boutiques ;
- le multijoueur sans abonnement système ;
- les mods ;
- les périphériques ;
- la compatibilité avec un immense catalogue ;
- l’évolutivité ;
- la création de contenu et les usages professionnels.
Notre PC à 2 605 € ne devient donc pas miraculeusement moins cher après quelques achats. Il faut environ 73 jeux avec une économie moyenne de 20 € par titre, après avoir intégré sept années de PlayStation Plus.
Mais cette conclusion financière ne raconte toujours pas toute l’histoire.
La console est un appareil qui ne sert pratiquement qu’à consommer des contenus. Le PC peut à la fois les consommer, les modifier et les créer.
La console est donc moins chère, mais le PC offre davantage de valeur
Il serait malhonnête d’affirmer qu’un PC équipé d’une RTX 5070 Ti est systématiquement plus économique qu’une PS5. Pour un joueur occasionnel, la console restera largement moins chère, plus simple et moins énergivore.
Pour un joueur régulier qui achète de nombreux jeux numériques, joue en ligne et conserve sa machine pendant sept ans (vu les monstres de puissance actuellement vendus, c’est tout à fait plausible), l’écart se réduit néanmoins fortement. Le PC peut même finir par devenir moins cher, à condition de profiter réellement des promotions et d’acheter suffisamment de titres.
Surtout, les deux machines ne rendent pas les mêmes services.
La PS5 par exemple est une excellente machine spécialisée, optimisée et relativement accessible. Le PC est une plateforme ouverte, évolutive et polyvalente, capable de remplacer une console, un poste de travail, une station de création et même un serveur.
La console coûte moins cher à acheter.
Le PC peut coûter moins cher à exploiter pour un gros joueur.
Mais c’est surtout en matière de liberté, de possibilités et de durée de vie que l’écart devient le plus difficile à ignorer.






