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Seafarer en 2026 : carrière, secours, LNG… que vaut le jeu aujourd’hui ?

En octobre 2025, Seafarer: The Ship Sim nous avait laissé une impression plutôt encourageante. Une mer superbe, des navires entièrement visitables, quelques bonnes idées d’interactions à bord… mais aussi un contenu encore léger et beaucoup de promesses alignées sur une feuille de route.

Presque dix mois plus tard, le jeu n’est plus tout à fait le même. Transport de marchandises en vrac, gestion du LNG, opérations de sauvetage, missions scénarisées, communications radio, inspections et véritable mode carrière : astragon a clairement abattu du boulot.

Seafarer possède désormais un squelette beaucoup plus solide. Le problème, c’est qu’on entend encore quelques boulons tomber sur le pont.

Quatre mises à jour majeures en moins d’un an

À son lancement en accès anticipé, Seafarer proposait principalement deux grandes orientations : le transport maritime avec Crescentport Logistics et les interventions de la Tide Guard. La navigation et l’ambiance étaient déjà là, mais l’ensemble manquait de profondeur et de continuité.

Depuis, quatre mises à jour majeures ont progressivement rempli les cales : LNG & Bulk, Rescue, Immersion et enfin Career. À cela s’ajoutent de nombreux correctifs, des optimisations et plusieurs ajustements directement issus des retours de la communauté.

Sur le papier, c’est exactement ce que l’on attend d’un accès anticipé bien suivi. Et, pour une fois, la feuille de route ne sert pas uniquement à décorer une page Steam.

LNG & Bulk : Seafarer passe aux navires de gros tonnage

La première grosse transformation est arrivée fin novembre 2025 avec la mise à jour LNG & Bulk.

Trois nouveaux navires ont rejoint la flotte : le méthanier Nordic Duchess, le porte-conteneurs Big Trip et le vraquier Willy. Chacun apporte ses propres opérations, avec des grues spécifiques, des cargaisons plus imposantes et de nouvelles procédures à effectuer à bord.

Le transport de LNG ne consiste donc pas simplement à sélectionner une cargaison dans un menu. Il faut gérer les opérations de chargement et de déchargement, la pression ainsi que les connexions au manifold. Le vrac utilise de son côté des grues à godet et une simulation progressive des tas de matériaux.

Le résultat donne davantage de personnalité aux navires. On ne change plus seulement de modèle 3D et de vitesse maximale : le travail demandé évolue réellement selon le type de bâtiment utilisé.

Cette mise à jour a également introduit les premiers événements dynamiques en mer, avec des navires échoués, des débris ou des missions touristiques apparaissant pendant les trajets. Rien de révolutionnaire, mais cela évite que chaque traversée se résume systématiquement à fixer l’horizon en attendant l’arrivée au port.

Rescue Update : enfin de vraies opérations de sauvetage

Le 19 février 2026, la Rescue Update a renforcé la branche Tide Guard avec deux nouveaux bâtiments : le navire de sauvetage Salvation et sa petite embarcation rapide Grace.

Le principe est plutôt malin. Salvation sert de navire principal tandis que Grace peut être mise à l’eau afin de s’approcher des naufragés dans des zones trop dangereuses ou trop étroites pour le bâtiment principal.

De nouvelles missions ont été ajoutées : recherche de personnes tombées à la mer, exercices de sauvetage, livraison d’urgence, missions sous couverture ou encore assistance au pilotage. Le Vessel Editor a également fait son apparition, avec la possibilité de modifier le nom, la couleur et le logo des navires.

Cette mise à jour s’accompagnait surtout d’un important travail sur les performances. La consommation de mémoire et de VRAM a été réduite, les ombres et effets de particules ont été optimisés et plusieurs zones portuaires ont été retravaillées.

Un effort nécessaire, car l’optimisation fait partie des critiques qui poursuivent Seafarer depuis son lancement. Nous y reviendrons.

Immersion Update : une mer un peu plus vivante

Le 30 avril, astragon s’est attaqué à un autre défaut du jeu : son univers encore très artificiel.

Les deux premières missions de la campagne ont été retravaillées, une troisième a été ajoutée et le personnage de Teddy a bénéficié d’un nouveau modèle, de nouvelles animations et de nouvelles voix. L’objectif est clair : donner davantage de cohérence à une campagne qui ressemblait auparavant à un tutoriel un peu trop étiré.

Les inspections de navires ont également gagné en profondeur. Le joueur peut contrôler différents éléments de sécurité ou environnementaux et intervenir sur plusieurs types de bâtiments.

Mais le changement le plus intéressant reste probablement l’arrivée de la radio. Il est désormais possible de contacter la capitainerie pour demander une place d’amarrage, solliciter un remorqueur afin d’entrer ou sortir du port et recevoir certaines missions directement par les communications radio.

Des défis quotidiens, des éclairages d’alarme en cas d’urgence et de petites séquences cinématiques lors de l’achat d’un navire complètent cette mise à jour.

Pris séparément, aucun de ces ajouts ne bouleverse le jeu. Ensemble, ils rendent toutefois l’univers beaucoup moins statique. On commence enfin à avoir le sentiment de travailler au sein d’un environnement maritime plutôt que de naviguer entre deux marqueurs posés sur une carte.

Career Update : la pièce qui manquait vraiment

La quatrième mise à jour, publiée le 30 juin 2026, est certainement la plus importante depuis le début de l’accès anticipé.

Le nouveau système My Career permet de mener une carrière indépendante, en dehors des contrats classiques. Le joueur peut observer les opportunités commerciales disponibles dans les ports, acheter des marchandises, les stocker, les transporter avec ses propres navires et tenter de les revendre avec une marge.

Les bâtiments achetés ne sont donc plus de simples récompenses à collectionner. Ils deviennent des investissements et participent directement à la progression.

L’ancien système de niveaux et d’expérience a également été remplacé par une réputation locale et globale. Chaque port possède son propre niveau de confiance, permettant de débloquer des missions, des régions et de nouveaux navires. La réputation acquise localement contribue ensuite à l’évolution générale de la carrière.

Les opérations portuaires continuent désormais même lorsque le joueur ne s’en occupe pas directement. Le chargement d’un cargo peut s’étaler sur plusieurs journées et un système de rotations permet de choisir son niveau d’implication.

Autrement dit, Seafarer commence doucement à ressembler à un véritable bac à sable maritime.

La campagne a également été complétée avec les missions 4 à 6, concluant l’histoire de Teddy. Les inspections ont encore été développées, avec le contrôle des documents, des installations techniques, de l’équipage et des équipements de sécurité.

Enfin, un drone peut être débloqué pour explorer les environs ou rechercher plus facilement des naufragés. Les propriétaires du vraquier Willy peuvent même nettoyer manuellement la poussière accumulée sur le pont. Totalement facultatif, parfaitement inutile… et donc absolument indispensable dans une simulation de ce genre.

Un mode carrière ambitieux, mais encore partiellement en chantier

La Career Update apporte bien la structure qui manquait cruellement au jeu. Malheureusement, elle est également arrivée avec une cargaison assez généreuse de problèmes.

Au lancement de la mise à jour, le chargement du vrac était temporairement désactivé. Le Willy et le Nordic Duchess ne pouvaient pas encore être utilisés pour le commerce libre, réservé dans un premier temps aux conteneurs. L’équilibrage de la réputation était présenté comme provisoire et certains menus affichaient des récompenses incorrectes.

Astragon a publié un correctif d’équilibrage le 10 juillet et annoncé poursuivre le travail durant les semaines suivantes.

Le chantier n’est toutefois pas terminé. Les discussions Steam récentes font encore remonter des problèmes de cargaisons impossibles à charger, de commerce bloqué, de progression remise à zéro, de contrats indisponibles ou de manette qui bascule continuellement entre les commandes clavier et gamepad.

C’est un peu le paradoxe de cette mise à jour. Elle donne enfin envie de s’investir sur plusieurs dizaines d’heures, mais ce sont précisément les systèmes de progression à long terme qui semblent actuellement les plus fragiles.

Que pense la communauté de Seafarer en 2026 ?

Au moment où nous écrivons ces lignes, 65 % des évaluations Steam sont positives, sur plus de 1 800 avis. Le chiffre reste donc honorable pour un jeu en accès anticipé.

Les évaluations récentes sont nettement moins joyeuses : environ 44 % d’avis positifs sur les trente derniers jours. La tendance est donc actuellement classée comme « moyenne » par Steam.

Le timing suggère que la Career Update a ravivé certaines frustrations. Elle a apporté énormément de contenu, mais également modifié des systèmes fondamentaux auxquels les joueurs s’étaient déjà habitués.

Une ambiance maritime qui continue de séduire

Parmi les retours positifs, les joueurs citent régulièrement la qualité de la mer, l’éclairage, les conditions météorologiques et le niveau de détail des navires.

Les passerelles ne sont pas de simples décors. Plusieurs instruments sont interactifs, les salles des machines peuvent être visitées et certaines avaries nécessitent de se déplacer physiquement dans le bâtiment. Les opérations de chargement, les grues, les canons à eau et les embarcations secondaires contribuent également à cette sensation d’être réellement à bord.

Certains joueurs issus du milieu maritime apprécient une manœuvrabilité jugée crédible, mais suffisamment simplifiée pour rester accessible. D’autres soulignent surtout le potentiel du jeu et le manque de concurrence sérieuse dans le domaine des simulations de navigation modernes.

Pour les amateurs de longues traversées contemplatives, Seafarer sait créer de très beaux moments. Une sortie de port sous la pluie, la lumière du tableau de bord dans la nuit et un navire balloté par les vagues : visuellement, cela fonctionne.

seafarer bulk

Optimisation, commandes et physique : les mêmes reproches reviennent

Du côté des critiques, l’optimisation reste le sujet principal. Des joueurs signalent encore des performances médiocres indépendamment du niveau de détail sélectionné, ainsi que des crashs au lancement ou pendant certaines missions. Les développeurs reconnaissent eux-mêmes plusieurs problèmes liés aux GPU NVIDIA, aux shaders et à certains menus particulièrement gourmands.

Les commandes divisent également. La gestion des gros navires, des propulseurs d’étrave et des grues peut manquer de précision, particulièrement à la manette. Plusieurs joueurs reprochent aussi au jeu de confier au capitaine absolument toutes les tâches.

Sur un porte-conteneurs, il faut parfois piloter le navire, déplacer les grues, charger les conteneurs et assurer soi-même certaines opérations de maintenance. C’est interactif, certes. Mais après la quinzième cargaison, on commence à se demander pourquoi l’équipage payé à bord regarde tranquillement le capitaine faire des heures supplémentaires.

L’autre débat concerne le mot « simulation ». Certains utilisateurs trouvent le comportement des navires convaincant. D’autres dénoncent une physique trop permissive, l’absence de conséquences réellement graves lors des collisions et des tempêtes, ainsi qu’un risque de naufrage encore très limité. Pour ce public, Seafarer ressemble davantage à un jeu de carrière maritime immersif qu’à une simulation navale rigoureuse.

Alors, faut-il revenir sur Seafarer ?

Oui, Seafarer a énormément évolué depuis son lancement. Le jeu possède davantage de navires, des activités beaucoup plus variées et, surtout, une vraie direction.

Le mode carrière donne enfin un sens à l’argent gagné et aux bâtiments achetés. Les opérations LNG, le transport de vrac, les missions de sauvetage, les inspections et les communications radio permettent d’alterner les activités. La campagne est désormais complète et le monde réagit davantage aux actions du joueur.

Mais non, Seafarer n’est toujours pas un produit terminé.

La technique reste irrégulière, certaines opérations deviennent rapidement répétitives et la Career Update a introduit des bugs suffisamment importants pour expliquer la chute des évaluations récentes. L’intelligence et l’utilité de l’équipage doivent également progresser si le jeu veut vraiment donner l’impression de diriger une entreprise maritime plutôt que de cumuler tous les métiers du port.

La coopération en ligne et de nouvelles missions sont prévues dans une cinquième mise à jour annoncée pour le troisième trimestre 2026. Après cela, les développeurs souhaitent entamer la dernière ligne droite vers la sortie complète. Ce calendrier reste évidemment susceptible de bouger.

Pour les joueurs possédant déjà Seafarer, le jeu mérite clairement d’être réinstallé afin de constater le chemin parcouru. Pour un nouvel acheteur, mieux vaut accepter de monter à bord d’un véritable accès anticipé : ambitieux, régulièrement enrichi, parfois magnifique… mais encore capable de vous abandonner au milieu du port avec une cargaison impossible à charger.

Le potentiel est toujours là. Plus visible que jamais, même. Reste maintenant à transformer ce gros chantier naval en véritable navire prêt à prendre la mer.

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